Hommage à Jacques Fournet

Le botaniste, Jacques Fournet nous a quittés le 8 mai 2017

Photo du Botaniste Jacques Fournet
Publié le 19/06/2017

Chacun ou presque sait que Jacques était un botaniste, et qu'il nous laisse deux outils extraordinaires. L'herbier des Antilles françaises, riche de plus de 3 000 espèces, et la Flore de ces mêmes Antilles, sous la forme de deux gros tomes illustrés. Autres contributions moins connues mais tout aussi utiles : la mise à jour en 2012 du référentiel taxonomique de ces plantes, qui est venu alimenter le référentiel national géré par le Museum, et en 2014, la participation à l'élaboration du livre rouge des espèces végétales menacées en Guadeloupe et Martinique.

Jacques Fournet ne s'est pas tout de suite consacré à sa passion. A son arrivée en Guadeloupe, en 1964, Il a travaillé pour les services de l'Agriculture puis a été affecté à l'Inra, au domaine de Duclos. A la station de Pathologie végétale et Malherbologie, il a d’abord travaillé sur les maladies des aubergines et des ignames. Il a ensuite mis ses compétences en botanique au service de la malherbologie. A partir des années 70, il a commencé cet énorme travail de collecte, d'identification, de mise en herbier. Il fut le premier à l'Inra à utiliser un ordinateur pour compiler toutes ses observations dans une base de données qu'il conçut lui-même, et dont le contenu est maintenant hébergé au sein d'outils plus modernes.

Jacques a aussi beaucoup œuvré pour la protection des espaces naturels. Il a apporté son expertise pour la création du Parc national de la Guadeloupe, et a travaillé discrètement et efficacement au sein de son Conseil Scientifique. Il participait également aux travaux du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel de la Guadeloupe, sous l'égide de la Préfecture.

Jacques est parti tout jeune, à 77 ans ! Par chance, 3 mois avant, le Conservatoire Botanique des îles de la Guadeloupe avait organisé à l'INRA une mise à l'honneur en sa présence, au cours de laquelle nous avons pu lui assurer notre reconnaissance et notre amitié.

Lorsqu'il a débarqué - par bateau - sur la terre de Guadeloupe, il avoue ne plus l'avoir quittée que pour de brefs séjours. Il raconte qu’en descendant du transatlantique dans le port de Basse-Terre, il avait été frappé par la beauté de la forêt et de la Soufrière, dégagée ce jour-là.

Claudie Pavis, chercheur à l’Inra, témoigne : « Jacques était simplement bienveillant, drôle et génial. Je garde en mémoire sa dernière boutade : "C’est vrai que j’ai un peu tendance à oublier le nom des plantes maintenant. Heureusement que j’ai fait une flore, comme ça je peux regarder dedans !". Nous, ses collègues, ses amis, nous sommes tristes. Mais nous sommes surtout heureux ! Heureux d'avoir pu côtoyer cet homme, de près ou de loin, souvent ou à l'occasion. Même en réfléchissant bien, je n'arrive pas à me rappeler d'une remarque désobligeante à son égard. »

En savoir plus

Guad l’Herbier des Antilles Françaises (http://transfaire.antilles.inra.fr/spip.php?article60)

Référentiel national taxonomique (https://inpn.mnhn.fr/programme/referentiel-taxonomique-taxref)

Livre rouge des espèces végétales menacées en Guadeloupe et Martinique( http://www.biotope-editions.com/index.php?article160/livre-rouge-des-plantes-menacees-aux-antilles-francaises)

Hommage à Jacques Fournet (https://www.youtube.com/watch?v=lTTDVtydzzc)